jeudi, 17 septembre 2009

Ségolène joue une carte

Ségolène Royal savait -évidemment !- que les élections au sein du Parti Socialiste étaient truquées. Ses partisans ont d'ailleurs participé à la fraude -à moindre échelle-, c'est du moins ce que rapporte le livre qui fait tant débat, dont tout le monde parle... mais qui l'a lu, au fond ?

Les Primaires à gauche ont semble t'il du plomb dans l'aile. Qui a envie de participer à une consultation où la suscipicion rêgnerait ?

La Présidente de Poitou-Charentes tente de déstabiliser Martine Aubry. Elle a plusieurs fois répétée que "tout militant" socialiste est en capacité d'émettre un recours devant les tribunaux, comme pour souffler une idée qu'elle ne peut elle-même mettre en pratique : elle passerait pour celle qui divise, qui nuit le Parti.

Il n'y aura pas de rencontre entre des pontes socialistes et les journalistes à l'origine du fameux livre. Ces derniers ont en effet refusé, craignant -on les comprend- une inquisition, un piège rue de Solférino. Pour l'éditeur "l'enquête est terminée".

Mais où va Ségolène ? J'ai l'impression qu'elle s'isole. Les rumeurs sont nombreuses : elle ne compterait plus que 6 500 partisans au sein de son "Désirs d'Avenir", les cadres du courant, c'est un fait, se sont éloignés. Pour l'anecdote encore, elle cumule une somme de critiques autour de son nouveau site Internet qui a coûté une somme astronomique et présente l'aspect... d'un site d'amateur, réalisable en une heure et au design juste... affreux !

Ségolène Royal a encore plus d'un tour dans son sac. Contre toute attente elle a su garder une aura dans l'opinion après 2007, et arrive autant que possible à être influente au sein du Parti. Martine Aubry a les rênes, mais elle a le poste, la position la plus inconfortable.

SP.

15:13 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 20 août 2009

La relance... Vraiment ?

On le susurre à nos oreilles : la sortie de crise approcherait. Sur quoi se base cette supposition ? Les chiffres. En effet, il apparaît que les prévisions étaient (volontairement ?) pessismistes et qu'au final, on a connu pire les mois derniers. Sur le commerce extérieur, une première question : faut t'il se réjouir ? Voilà des années que la courbe dégringole sans que l'on sache vraiment jusqu'où elle peut tomber, tant les chiffres ont été littéralement abobinables. Est-ce que cette reprise du commerce extérieur a une explication ? Evidemment. Celle que je retiens -et je le dis avec prudence- c'est que les Etats ayant tous contractés des emprunts, lancés des plans de relance, il est plutôt logique que le commerce mondiale reprenne entre alliés et autres affidés.

J'apprends aujourd'hui que le prix des fruits et légumes a sensiblement baissé (un peu moins de 20 %). Pour certaines productions comme l'abricot, la chute atteint même les 40 %. Pour le consommateur, c'est une affaire. Pour les producteurs qui en bavent, c'est l'assurance de disparaître encore un peu plus rapidement. La stabilité, la pérénité d'une économie se fonde sur l'équilibre -même instable- entre les trois secteurs d'activités professionnelles : primaire, secondaire, tertiaire. A ce rythme, nous n'aurons plus de producteurs / agriculteurs dans quelques années, je le crains ! Même si je force volontairement le trait, le sujet est plus que sérieux.

Pour la simple semaine du 15 août, l'économie américaine perd... 576 000 emplois.

Cet été le chômage a diminué (chez les jeunes en particulier), c'est stabilisé. Faut t'il déclarer la reprise pour autant ? A mon avis : non ! Il est normal que les demandes d'emplois baissent pendant la période estivale : les emplois saisonniers sont pléthores, les remplacements également, c'est en septembre que l'on pourra dire si, oui ou non, cette baisse était réelle ou artificielle.

A long terme se dessine l'exigence suivante : il faudra désengorger le déficit qui nous plombe. Certes, la dette est utile. Elle permet aux générations prochaines de disposer d'équipements, d'un niveau de vie, d'un ensemble de conditions de vie supposées supérieures à celles des précédentes générations. Soit. Mais la dette, par principe, doit être maitrisée pour être utile à l'avenir !

SP.

23:48 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 18 août 2009

La guerre en Iran n'aura jamais lieu

En dépit des propos de la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton et des diplomates de l'Union Européenne, j'ai la nette impression qu'il n'y aura pas d'intervention militaire en Iran.

Premier argument : les guerres en Afghanistan et en Iran sont des efforts budgétaires considérables. Difficile en ces temps de crise économique, d'endettement massif, d'aller ouvrir un nouveau front.

Second argument : l'erreur historique de Bush c'est d'avoir cru que l'Amérique pouvait attaquer l'Irak en se passant de l'avis du monde. L'ONU validera t'elle une résolution allant dans le sens d'un conflit avec l'Iran ? C'est loin, très loin d'être assuré. Au sein du Conseil de Sécurité la Chine et la Russie ont des voix déterminantes, ils n'entendent pas valider les choses facilement, sans contreparties avantageuses...

Troisième argument : le peuple américain se sent affaibli. Ils sont nés avec l'idée que les Etats-Unis dirigeait le monde, le survolait même. 11 septembre, Irak, crise, nombre de faits récents sont venus torpiller leur moral. Une nouvelle guerre ne manquerait pas de susciter les inquiétudes et les oppositions.

Quatrième argument : est-ce militairement possible ? Un front de l'Irak à l'Afghanistan représenterait un beau bourbier bien que, sur le plan de l'énergie, l'idée séduit encore quelques conservateurs (passage de gazoducs, pétrole...). Mais compte-tenu de la situation dans les deux pays occupés, le pétrole peut attendre. Les Etats-Unis ne peuvent partir seuls, et il est probable que de nombreux pays refusent d'apporter une contribution à une coalition, ou l'apportent dans de moindres termes qu'en Afghanistan.

Cinquième argument : la politique. Barack Obama a clairement signifié ceci : la politique de papa, c'est terminé. Les ingérences et interventions malveillantes en sous main seraient (je dis bien "seraient") à ranger dans un placard. Toujours est t'il que sur le plan symbolique la décision d'une intervention viendrait remettre en cause la parole du Président américain...

Sixième argument : la leçon de Kaboul et Bagdad. Quand les américains attaquent, ils sont mal aimés. Quand ils envahissent par leur "culture universelle" (films, musique, autant de supports qui diffusent le message US libéral) ... ils gagnent à coup sûr, bien que plus lentement.

Septième argument : l'histoire récente de l'Iran. Les américains ont usé et abusé de la CIA en des temps pas si lointains. Ils ont fait et défait des régimes, des hommes en place. Avec le résultat que l'on connaît. Ce pays a pris conscience qu'il devait s'émanciper, même si ses responsables politiques prennent le mauvais chemin, utilise le prétexte de l'indépendance pour mener la nation iranienne vers toujours plus de fermeture, alors que les jeunes commencent à s'émanciper d'eux-mêmes !

A contrario, la Corée du Nord n'est pas un enjeu majeur. Parce qu'ils menacent mais n'ont au fond guère les moyens de mettre leurs projets en application. Le régime communiste stalinien est extrèmement dépendant des aides qu'ils peuvent obtenir, et du soutien plus ou moins avéré de Pékin. C'est un pays au fond du gouffre, où les gens ne mangent pas à leur faim et n'ont rien, aucune richesse. Je ne les crois pas capables d'obtenir l'arme nucléaire via leurs recherches et centrales. Quand ils menacent, c'est pour mieux négocier des aides et des levées de sanctions à leur encontre. Le despote Kim Jong Hill est gravement malade et on peut raisonnablement penser qu'il ne va pas vivre longtemps : un accident vasculaire cérébral en 2008, accouplé au diagnostic d'un cancer du pancréas, il souffre également du coeur et c'est un diabètique !

La démocratie n'est pas un bien que l'on importe. Ce n'est pas quelque chose que l'on impose. C'est un mouvement qui se crée de l'intérieur. Voilà pourquoi je ne crois vraiment pas à une intervention en Iran. Néanmoins les inquiétudes demeurent persistantes : et s'ils avaient la bombe ? Et si demain le régime se fermait encore plus ?

SP.

01:02 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 30 juillet 2009

Faut t'il vraiment une UDF de gauche ?

De 2002 à 2007 -j'en étais-, l'UDF a oeuvré pour rompre l'alliance qui semblait immuable entre le parti majoritaire à droite et le centre historique. Faut t'il aujourd'hui, en réaction à ma précédente note, tenter de s'attacher à la gauche ? Le parti de l'indépendance semble pourtant loin d'être perdu d'avance. En Bourgogne et ailleurs, on s'apprête lors des régionales à s'unir avec un PS qui n'a jamais été aussi mal, ce qui correspond à toutes nos analyses passées. Le risque est là : l'UDF de gauche, appelée le MoDem. Un moyen pour le PS de se relever, de conserver les régions acquises en 2004 tout en comptant sur un nouvel allié avec qui fonctionnera le principe des vases communiquants : quand tu vas mal, on prend un peu de tes voix, et vice-versa.

Mon soucis n'est pas sur l'alliance avec la gauche... J'y suis favorable. Mon problème c'est le long terme. Si on vient à se planter en 2012, Bayrou aura pris un sérieux coup sur le jaret si vous me permettez l'expression. Et derrière, au MoDem, point de salut. Marielle de Sarnez n'a pas la carure médiatique pour assurer la suite, si le "patron" venait à être défait. Elle a tout au plus l'image d'une Dominique Voynet : on voit qui elle est, mais elle reste anecdotique dans l'opinion.

Je suis un peu moins en colère qu'hier dans cette note. Néanmoins, posément, je me permet d'interroger cette probable alliance. Aussi, j'ajoute que pour les adhérents MoDem qui viennent de la gauche... Une alliance de 1er tour ne serait pas franchement motivant. Autant qu'ils retournent dans leurs anciennes familles politiques, à ce compte-là.

5 ans, la distance qui sépare deux présidentielles -élections "clivantes"-, c'est une longue période où ceux qui ont été défait hier peuvent revenir en force. Mais c'est aussi là que l'on distingue les "coups d'éclat" des réelles percées électorales. En nous opposant comme des bêtes à Sarkozy, nous n'avons fait que continuer de cliver, de polariser la vie politique française. Alors qu'il aurait probablement fallu rester sur une seule ligne : défense de notre projet. L'amalgame PS/MoDem n'est pas la meilleure chose que l'on est faite jusqu'à aujourd'hui.

J'ai reçu quelques courriels suite à mon post précédent. Des adhérents PS, des partisans de Ségolène Royal, des centristes réfugiés au NC, etc... Tous sont partagés -et pour diverses raisons- sur l'avenir du MoDem. A titre personnel, même si j'ai conscience que l'aventure est périlleuse, je continue à croire au changement par la raison, par une politique progressiste, en ces temps où justement l'espoir est un luxe !

Pour en finir sur la question de cette note : l'UDF restera définitivement attachée à la droite. On sait combien les étiquettes sont difficiles à décoller en politique. Quand nous voudrons nous différencier du PS, le MoDem connaîtra la même mésaventure : l'amalgame sera intégral. L'histoire se répéterait t'elle ?

Je prépare actuellement une initiative personnelle, dont vous aurez connaissance sur ce blog très bientôt.

SP.

01:05 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 18 juillet 2009

Ils n'auront pas le choix

Les socialistes n'en ont pas terminé avec la division et les reculs électoraux. Au-delà de la porte ouverte que l'on enfonce ici ou là, me vient l'idée qu'au fond, la gauche dite "institutionnelle" n'aura pas le choix à l'avenir. Oui, l'union de la gauche prônée par Martine Aubry est une ineptie. D'abord parce que les destinataires de son appel ne pesent plus rien par rapport à 1981. Les Radicaux ont une riche histoire mais sont devenus confidentiels, le PC est très, extrèmement loin des scores d'antan qui le voyait pointer à des chiffres autour des 20 %. Quand à Mélenchon c'est bien simple : il exécre ce que le Parti Socialiste est devenu. Les Chevènementistes sont défaits depuis 2002 et n'ont jamais décollés depuis. Les Verts, eux, ne sont pas dupes : quand ils se sont alliés au PS ils ont perdu du terrain. Et s'ils peuvent s'émanciper de ce que Martine Aubry appelle encore la "maison commune" (sic), ils le feront avec plaisir, mécontents d'être maltraités lors de la répartition des sièges lors des élections locales, entre autres motifs de désaccords. Il faut dire qu'au PS il y a des clans, des courants à contenter, et ils sont de plus en plus nombreux.

Parlons des courants. Celui de Vincent Peillon organise prochainement une université d'été avec pour invitée d'honneur Marielle de Sarnez, Vice-Présidente du Mouvement Démocrate.

Mais il a un autre fait notable dans l'évolution prochaine des alliances au PS : la sociologie des adhérents. Avec la multiplication des appels d'air à gauche, comme la création du "Parti de Gauche", et plus à gauche encore du NPA, il y a fort à parier que les nouveaux adhérents socialistes seront plus centristes de gauche, sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux que socialistes, au sens premier et théorique du terme. Et puis il y a un sens dans l'histoire : Royal a largement contribué à attirer des militants plus "modérés" qu'autrefois en faisant clairement une place au centre dans son projet politique.

Sauf surprise, PS, Verts et MoDem partiront en solo aux régionales. Ils seront accompagnés des listes "Parti de Gauche-PCF" certainement, de celles du NPA, de LO, peut-être du PRG qui sait... ! Il appartiendra aux forces d'opposition d'essayer de dégager un consensus au second tour, un consensus qui préparera peut-être celui de 2012. Ou pas.

La redéfinition des alliances au sein du PS devra, et c'est un préalable, amener sur le devant de la scène un projet politique rénové, qui soit à nouveau crédible et enfin enraciné dans la réalité. Mais peut-être qu'avec Martine Aubry ils continueront dans l'erreur, ils persisteront dans la logique archaïque actuelle, et ils seront naturellement dépassé par une nouvelle force. Je ne suis pas persuadé d'un sursaut à gauche, vraiment pas convaincu.

SP.

19:34 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 07 mai 2009

Putain deux ans !

Voilà deux ans que Nicolas Sarkozy est entré à l'Elysée. Cette note n'est pas un inventaire à la Prévert, j'ai assez commenté les actes de notre "omniprésident" ces derniers temps ! Plusieurs idées plus générales me viennent à l'esprit :

1) Sarkozy est un génie politique.

Il a dépassé le PS, provoqué troubles, divisions à gauche et a pris une avance certaine pour accéder à un second mandat . En 2007 également, il a littéralement surclassé le FN en lui reprenant des thèmes (sécurité, immigration) qui, à force d'être abandonnés par la droite, avaient terminés dans l'escarcelle de l'extrème-droite. Il a eu le courage, l'audace et le calcul fin pour oser assumer une ligne vraiment de droite, en contradiction avec le centrisme de Giscard ou le radical-socialisme de Chirac. Qui aurait cru qu'un homme politique de droite aurait pu attirer plus de classes populaires sur son nom que tout autre candidat de gauche ?

Comme d'autres, il sait pertinement que l'élection Européenne ne passionne pas le citoyen de la rue. Il a compris qu'il pouvait donner un second souffle à son mandat en prenant la tête de la campagne, en la personnifiant, et en la gagnant. L'UMP semble en effet proche d'une victoire. Une victoire qui serait historique, puisqu'un gouvernement en cours d'exercice perd généralement toutes les élections intermédiaires.

2) Sarkozy a un projet de société, mais...

Selon lui, le libéralisme aurait dû nous apporter plus. Des heures supplémentaires qui augmentent le pouvoir d'achat, des déréglementations diverses... Culotté, encore, de proposer une société libérale à un pays à l'Etat social. Le français, comme tout autre peuple, a une caractéristique très humaine : quand il s'en sort il veut que l'Etat social lâche ses quelques sous gagnés durement, quand tout va mal, il redécouvre comme par enchantement les joies de l'Etat providence. La crise vient de porter un coup fatal au libéralisme. Toute la question réside en quelques mots : comment Sarkozy peut s'adapter à ce changement brutal d'époque ? Comment peut t'il adapter sa ligne politique sans dénaturer ce pour quoi il a été élu ?

Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, dit t'on parfois. Je ne crois pas que Sarkozy sera jugé sur ses paroles de 2007. Néanmoins il le sera en 2012 sur la seconde partie de son mandat. Tout ce joue à partir d'aujourd'hui.

3) Sarkozy, le paradoxe permanent.

D'un côté, il veut poursuivre la réforme. Certes, des consignes ont été donné sur quelques dossiers pour lâcher du lest ou, à défaut, reporter les textes qui pourraient provoquer des débats trop vifs. D'un autre, il est coincé : l'Etat est en faillite et ce n'est qu'une question d'années pour qu'il céde. Les français ont je crois compris la situation réelle du pays. Sarkozy doit composer avec cette maxime "être populaire pour être élu, être impopulaire pour réformer". Ce qui provoque mon intérêt c'est cette observation : comment va t'il composer avec un tel jeu ?

4) Sarkozy et le modèle français.

Ma question est la suivante : sommes-nous, peuple français, plus heureux qu'il y a deux ans ? La crise est passée par là. Mais il faut dire aussi que, si l'on en perçoit pas encore tout les contours, le pays a effectivement changé en deux ans. En bien, en mal, nous ne pourrons l'analyser lucidement qu'à la fin de son quinquennat. Le modèle français a pris de sérieux coups de canifs. Comment les français réagiront t'ils ? Nous sommes un peuple qui n'a pas été habitué aux discours vérités, à la pédagogie, alors il nous est difficile d'entendre aujourd'hui que ce modèle ne pourra vraisemblablement pas se passer de quelques remises en cause...

5) Sarkozy, un pilier.

On ne peut lui reprocher son activisme en ces temps difficiles. Evidemment qu'il y a de la com' savamment calculée. Bien sûr que, comme bien d'autres hélas, il s'attribue parfois des mérites qui ne lui revienne pas. Pour autant, on voit bien qu'il tient la barre. Qu'il ne lâche pas. Je ne suis pas persuadé que Royal aurait autant tenu le cadre.

6) Sarkozy est seul.

Il a imprimé son cadre. Il a imposé son style dans l'exercice quotidien du pouvoir. En première ligne, encore et toujours. J'ai coûtume de dire que Sarkozy est le premier homme politique à gagner l'Elysée pour investir... Matignon. Loin du Président gaulliste, en retrait, il est présent sur tous les fronts. Les baisses d'estime qu'il connaît, ce n'est rien, c'est le vent passager de la politique, la vague qui part, revient et vice-versa. Mais quand viendront des moments plus difficiles, plus cruciaux... Il sera, le pays sera particulièrement fragilisé car il n'y aura pas de "personnalité alternative" (et pardonnez-moi l'expression "jetable" comme le Premier Ministre) au gouvernement qui puisse endosser les échecs. Etre Ministre sous Sarkozy, c'est être réduit à relativement peu de choses, avec une capacité d'initiative réduite.

7) Sarkozy, un homme à ne pas sous-estimer... et à surveiller.

Je me souviens d'un débat entre jeunes UDF, en 2004 me semble t'il. A l'époque, on m'affirmait que Sarkozy ne tiendrait pas la route, qu'il était trop exposé... Qu'il exploserait en vol. Je pensais exactement le contraire. C'est une personnalité pleine de ressources. Néanmoins tout le propos de mon exercice est le suivant : il peut être dangereux d'avoir un Président qui soit à la fois un génie politique, un libéraliste qui s'affirme, un homme trop complexe, quelqu'un qui porte trop le pouvoir sur une seule épaule... Les contre-pouvoirs sous sa présidence sont particulièrement faibles, double conséquence de sa personnalité, d'une part, et de l'affaissement irrémédiable de la Vème République. Je crains plus les débordements de sa personnalité que l'émergence d'une ultime illusion qu'elle soit d'extrème ceci ou d'extrème cela. Besancenot et un "Le Pen" back c'est de la science-fiction. Ils vont monter en puissance, mais cela pourrait justement être l'occasion pour Sarkozy de renforcer -au nom de cette prétendue "liberté"- l'étau qu'il impose à la France.

Si c'était à refaire... Je ne voterais toujours pas pour Sarkozy. Pour ses idées de 2007. Mais en politique, 2 ans, c'est long.

SP.

04:48 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 05 mai 2009

Alliances, adversités et convergences

Les socialistes sont malades, moribonds. Ils semblent être les seuls en France à ne pas douter de leur capacité à convaincre, à être en position d'emporter à nouveau une présidentielle. Parce qu'ils sont à la croisée des chemins. Le socialisme est une idée morte en elle-même, mais là n'est pas la question : cela fait longtemps que ce parti n'est plus à proprement parler "socialiste" dans sa doctrine originelle. Aujourd'hui, deux propositions s'offrent à eux : tenter de talonner l'extrème-gauche, ce qui semble assez peu probable, l'autre choix consisterait à s'allier à la famille Démocrate. Dans un sens, ou dans l'autre.

Martine Aubry l'a fait. A Lille, des élus MoDem sont membres de sa majorité.

Bien d'autres ont eu le courage, la clairvoyance de faire un tel choix, d'être précurseur dans une solution qui -si elle divise encore l'appareil- fera tôt ou tard l'unanimité. Certains l'ont fait pour "attraper le MoDem avant qu'il n'attrape le PS", d'autres pour s'assurer d'être plus facilement réélus, d'autres pour "voler le centre" (Mitterrand confiera qu'il a en son temps tout tenté pour obtenir un ralliement des centristes).

Evidemment, des édiles socialistes comme Ayrault ou Valls ont tout compris : le MoDem est évidemment un adversaire. Parce que nous sommes des opposants à Nicolas Sarkozy, parce que nous proposons un projet de société très différent de celui de la gauche (lire "Relève", "Le Droit au sens", "Au nom du tiers-Etat" et "Abus de pouvoir" de François Bayrou), parce que nous sommes une famille politique dont les français attendaient l'émergence, preuve s'il en fallait une les sondages qui nous donnent à 19 % aux présidentielles et à 15 aux Européennes.

Concurrents en quelque sorte, mais possible partenaires au plan local. C'est le cas à Dijon, où des amis Démocrates comme Benoît Bordat sont membres de la majorité municipale. Et à ce que je sache, François Rebsamen n'est pas n'importe qui. Il n'avait pas à s'allier au MoDem pour emporter un autre mandat à Dijon, chacun en est convaincu. Mais il a juste eu un peu de lucidité, ce qui manque au PS. La jeune garde socialiste n'a pas connu les victoires de 81 et 88. Contrairement aux "ainés", ils savent pertinement que le poids du PS est relatif, son équilibre menacé.

A titre personnel je n'appelle pas plus à des alliances avec le PS qu'à des alliances avec l'UMP. Tout est question de raison. Quand on peut s'allier à droite avec des candidats ouverts d'esprit et dans un espace où l'on peut porter notre message, pourquoi pas. Ce fut le cas à Avallon. Le raisonnement vaut aussi à gauche. Les Démocrates, c'est une famille qui va bien au-delà du simple MoDem, bastion des "refugiés" volontaires, "premier cercle" de ceux qui ont choisit la traversée volontaire du désert, pour tenter de changer le système par le vote et la pédagogie. Des Démocrates il y en a à l'UMP et au PS. Si nous gagnions 2012, si nous changeons ce pays comme nous le souhaitons, alors les cartes seront véritablement redistribuées.

SP.

15:40 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 20 mars 2009

Grève et autres tracas

La manifestation unitaire de ce 19 mars aura permis au peuple de s'exprimer face aux gouvernants. La perplexité règne des deux côtés, soyons en sûrs. D'un côté différentes corporations (fonction publique, secteur privé, handicapés, chômeurs, ouvriers...) qui expriment un ras-le-bol intégral face à une situation intenable, de l'autre un gouvernement qui, s'il a choisit de "faire le sourd", reste néanmoins préoccupé par la quadrature du cercle que la crise nous oblige à résoudre.

D'entrée, je tiens à dire que je soutiens ce mouvement comme je soutiens d'avance ceux à venir. Cependant je pense également que nous devons être prudents. Nous ne pouvons pas nier le fait que l'Etat est exsangue. Qu'il surpasse les limites du déficit public, qu'il prend beaucoup à Paul pour habiller un peu Pierre, qu'il cherche la solution pour éviter l'arrêt définitif du développement du "Grand Corps Malade" qu'est le capitalisme financier, un même capitalisme qui a signé sa mort cérébrale fin 2008 avec l'arrivée d'une crise massive.

Certes, un autre monde est à inventer. Et dans ce brouhaha il est difficile de concilier enjeux de courts et de long termes quand on a aucune idée concrète pour la rénovation. La rénovation ce n'est pas les réformettes, les idéologies qui prônent des réponses sectarisées. Le gouvernement effectue diverses coupes budgétaires. Soit, mais cela aurait dû être fait il y a déjà plusieurs années, par la droite comme par la gauche. On impose pas rigueur et discipline quand la bêtise est déjà faite. On ne s'improvise pas pédagogue, "Dolto de la politique", quand on a pendant 30 années caché la vérité des comptes aux français.

La grève permettra peut-être aux gens d'exercer une citoyenneté -par le vote comme par la contestation- dont ils avaient perdu l'habitude, l'usage. François Fillon s'exprimait ce soir sur TF1. Pour dire quoi ? Rien, on continue. Parce que l'on a finalement pas le choix. Face à la crise, je suis et je le répète favorable à des expérimentations : des mesures innovantes comme les solutions dont on nous jure -sans que personne ne l'est vérifié par lui-même- qu'elles sont inefficaces. Emplois-francs, rétablissement temporaire de l'autorisation administrative de licenciement, création d'un "impôt-crise" qui ponctionnerait les grands et très grands revenus pendant un ou deux sur une base modérée (5 % par exemple), simplifications administratives (que l'on puisse comme dans certains pays créer une société en une journée)...

L'obésité de l'Etat n'est plus à démontrer. Mais pour la fonction publique, les "réformes" passées sont déjà assez concluantes : non remplacement de fonctionnaires partant à la retraite, etc. Je crois qu'il faut stopper la saignée réalisée sur la fonction publique. Pourquoi ? Parce que l'on paye des impôts pour quelque chose...

Le problème français (et pas seulement français d'ailleurs) réside, je le crois, dans cette équation :

- On paye des impôts pour quoi ? Un service,

- Le service baisse en qualité pourquoi ? Système non pérénisé - réforme non progressive, tardive donc devenue impossible - accroissements des commandes sociales face à de nouvelles urgences - endettement public en hausse,

- Résultat : on paye autant d'impôt pour, à terme, plus grand chose sur le plan du service public.

Non, un nouveau Mai 1968 n'est pas d'actualité. L'idée de tenir une fleur entre mes dents et de scander la paix, la tolérance et l'égalité ne me déplait pas outre mesure, mais ce n'est pas de cela dont il s'agit aujourd'hui. Nous ne cherchons pas qu'à changer une société en autarcie intellectuelle -ce combat viendra bien assez tôt- mais à sauver des économies, un équilibre. Etre dans la rue pendant des semaines ou des mois ne changera rien au problème... Pire, il peut l'aggraver.

Je ne suis pas de ceux qui prônent -par plaisir et ignorance du danger- la diversion, l'exaltation des colères, l'exploitation politique des combats sociaux, la révolte. Parce que je sais qu'il faut en mesurer les conséquences. Et c'est à nous autres, engagés politiques, que l'on soit en haut de l'échelle ou tout en bas, de prôner la responsabilité, d'être créatif pour dénicher les sorties possibles à un problème donné, d'être à l'écoute sans vouloir diviser untel contre untel.

Et cet appel me semble important. Pour changer une société, pour prétendre changer l'autre, il faut d'abord avoir le courage de se changer soi-même.

SP.

02:00 Ecrit par sebastien.pereira dans Analyse de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook