lundi, 28 septembre 2009
"Un roman français" de Frédéric Beigbeder
"C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français."
Telle est l'histoire du "Roman français" selon Frédéric Beigbeder. Par le passé j'ai exprimé mon admiration devant certaines de ses oeuvres de l'incontournable "99 francs" à ses "Vacances dans le coma" en passant par "L'amour dure trois ans" et mon préféré "L'égoïste romantique". Malheureusement, le "Roman français" est un livre un peu différent. Quand l'auteur devient un peu plus sérieux, j'ai la nette impression qu'il perd un peu de vérité.
Autant vous le dire : je me suis ennuyé en lisant "Un roman français". D'abord parce que l'histoire est multiple : un chapitre sur trois grosso modo est consacré à son incarcération pour usage de cocaïne sur un capot de voiture, l'année dernière. Il y décrit les conditions arbitraires de la garde à vue, son passage dans le "Dépôt" tant décrié en France et en Europe par la voix du Commissaire aux Droits de l'Homme. Dans les autres chapitres il revient longuement sur son enfance oubliée, le puzzle de ses souvenirs étant censés amener une critique sur l'hexagone. Le regard que pose Beigbeder sur la société est à peu de choses près le mien. Mais dans ce dernier livre, ce regard m'a désarçonné. Et je dois dire que son autobiographie ne m'a pas passionnée. Décevant !
SP.
14:44 Ecrit par sebastien.pereira dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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