mercredi, 05 août 2009
Entretien avec...
Propos recueillis par Sébastien Pereira
Entretien avec André Tsimba, ancien attaché de presse à l'O.N.U., ancien Président d'une O.N.G. Congolaise
André est un ami. Un ami de deux ans, avec qui j'ai grand plaisir à converser compte-tenu de sa culture encyclopédique et du respect qu'impose son parcours de réfugié politique. Il a quitté le Congo-Brazzaville il y a quelques années, car menacé par un régime plus que contestable... soutenu par la France. Parce que l'on ne parle jamais de ces sujets complexes, médiatiquement peu porteurs, j'ai voulu que ce témoignage puisse exister.
SP.
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SP : Quelle est la situation aujourd'hui au Congo ? Quelles sont les perspectives d'avenir pour le pays ?
A.T. : La situation politique au Congo est vraiment très critique. Sassou, le Président auto-proclamé, gère le pays d'une main de fer et ne donne aucune justification au peuple sur sa gestion gabégique et chaotique de notre économie. Avec l'argent du pétrole, il a acheté des membres de certains partis de l'opposition et enrichi toute sa famille. Le trésor Public n'a de public que le nom car il appartient à la famille du Président. Ce qui est vrai est qu'avec un homme politique comme Sassou le Congo ne pourrait jamais connaître la démocratie. Dans la tête de ce Monsieur le mot Démocratie n'existe pas, le mot coup d'état par contre existe bel et bien et doit avoir une place de choix dans sa tête. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il n'arrive pas à gérer et même à bien diriger le Congo et passe pour un homme de paix alors qu'il a toujours imposé la fameuse paix par les armes. Il sait qu'il ne pourrait pas gagner des élections au Congo, la preuve ? L'élection présidentielle du 12 juillet 2009 a connu une abstention record de 90% !, les urnes ont été bourées, tout le monde le sait au fond, comme d'ailleurs le représentant de l'Union Européenne qui a qualifié cette éléction de "mascarade". Avec Sassou il est difficile, voire impossible, de parler de perspectives d'avenir pour la République du Congo. Mais une chose est sûre le Congo renaîtra de ses cendres un jour...
La France joue t'elle un rôle dans la vie politique Congolaise ?
Bien sûr que oui, la France joue même un rôle important dans la situation politique du Congo. Pour préserver ses intérêts au Congo la France soutien pleinement la dictature de Sassou en le maintenant au pouvoir par tous les moyens. On se souvient encore de la conférence de presse de l'Ambassadeur de France à Brazzaville qui au lendemain de l'élection présidentielle a été le premier diplomate en poste à Brazzaville à reconnaître la transparence et le bon déroulement de cette élection bidon, alors que ses homologues de nations tierces ont préfèré faire profil bas. Jacques Toubon a joué un rôle de taille dans la réélection de Sassou, il fut observateur de l'élection... et a reconnu la victoire de ce dictateur tout en affirmant que l'élection s'était déroulée dans de bonnes conditions... alors que ce n'est pas vrai. A mon avis Sassou n'est pas "l'homme sage" que Toubon soutien pour diriger le Congo. Le soutien de la France au dictateur Sassou n'aura entre autres conséquences l'arrivée massive des demandeurs d'asile congolais en France fuyant la dictature et la misère que Sassou impose au peuple Congolais. Ce qui est paradoxal est que les mêmes hommes politiques français qui soutiennent le dictateur Sassou... sont les mêmes qui se plaignent de la présence sur le sol français des étrangers surtout des demandeurs d'asiles ! C'est comme si ces hommes politiques français disaient : nous soutenons des dictateurs africains mais la misère de ce peuple ne nous concerne pas : quelle injonction paradoxale !
Que peux t'on faire pour aider, soutenir la modernisation politique du Congo ?
Je pense et je reste convaincu qu'avec Sassou au pouvoir au Congo, la politique nationale ne sera jamais modernisée. Pour moi l'ONU est un leurre et le droit de veto est l'arnaque des grandes puissances pour mieux contrôler le monde et les nations ne sont pas égales. Nicolas Sarkozy a prôné pour la rupture avec la "Françafrique", mais une fois de plus c'est juste un discours sans effet sur le terrain car même avec Nicolas le champagne coule à flot avec les dictateurs africains nous nous rappellons encore de l'affaire de secrétaire d'Etat à la Francophonie, le pauvre Bockel, qui a été muté aux anciens combattants pour ses propos. Pourtant j'avais confiance en ce Président français...
00:21 Ecrit par sebastien.pereira dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : françafrique, jean-marie bockel, sassou, congo, brazzaville, andré tsimba, onu, ong, réfugié politique |
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mardi, 09 juin 2009
Entretien avec...
Propos recueillis par Sébastien Pereira
Entretien avec Jean-Luc Roméro, Conseiller Régional d'Ile-de-France et Président de l'ADMD
SP : Quelques semaines après la journée mondiale contre l'homophobie, avez-vous l'impression que les choses évoluent dans le bon sens en France ?
JLR : J'ai un sentiment mitigé. Le plaisir d'abord, de constater qu'en France, grâce à la décision de Roselyne Bachelot, la transsexualité a été - enfin ! - retirée des maladies mentales. Le plaisir aussi de constater que Rama Yade continue sa mobilisation pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Et dans le même temps une impression de gâchis. La France est à la traine en matière d'égalité entre hétéros et homos. Mariage homosexuel, homoparentalité, que de retards par rapport à nos voisins, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Grande-Bretagne...
Vous présidez l'ADMD, première association à défendre un droit à la "mort digne". Quelles sont les évolutions en cours sur cette question ?
Ces dernières années, grâce au courage de Vincent Humbert, Chantal Sébire ou encore plus récemment Rémy Salvat, le législateur a dû avancer ; mais nous sommes loin du compte. En France, on a le "laissez mourir". Cela peut parfois s'apparenter à une torture quand on arrête d'hydrater ou d'alimenter un patient en fin de vie. Nos voisins du Benelux ont des lois humaines qui permettent d'aider les patients en fin de vie. Les lois de ces pays permettent de respecter les personnes tout en évitant les dérives. Car les dérives, c'est en France qu'elles existent, pays où l'on euthanasie des gens qui n'ont rien demandé et où on refuse d'aider ceux qui le demandent et qui sont à bout de leurs souffrances.
Sur ce blog est régulièrement défendu l'idée que toutes les discriminations devraient faire l'objet d'un combat groupé car elles ont les mêmes racines, que ce soit à partir d'une orientation sexuelle, d'une couleur de peau, d'une religion, d'un âge, d'un handicap... Partagez-vous cette conviction ?
Vous avez raison, mais aujourd'hui cela est difficile car il y a une véritable hiérarchie entre les discriminations. La loi pénalisant les propos homophobes, voulue par Jean-Pierre Raffarin, était une bonne initiative qui mettait au même plan racisme, antisémitisme, homophobie et sexisme. Malheureusement, la récente décision de la Cour de Cassation - qui a estimé que certains propos homophobes relevaient de la liberté d'expression - a bouleversé cette construction intelligente qui mettait enfin toutes les discriminations au même niveau. Pour arriver à ce combat commun que vous appelez de vos voeux, il faut que chacun considère que toutes les discriminations sont inacceptables. Et là il nous reste du boulot pour faire avancer cela.
02:13 Ecrit par sebastien.pereira dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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samedi, 06 juin 2009
Entretien avec...
Propos recueillis par Sébastien Pereira
Entretien avec Xavier Meignin, Président de l'association Ubuntu Dijon
SP : Que diriez-vous à une personne qui hésite entre Windows et Ubuntu parce que "Linux c'est compliqué" ?
XM : Je lui répondrai que c'était sans doute vrai il y a quelques années, qu'elle n'a sans doute pas réessayé depuis. Je lui remettrai donc un Live CD après lui avoir fait une démonstration, lui permettant ainsi de se créer peut-être une nouvelle opinion. Notre objectif n'est pas d'imposer Linux en disant que c'est mieux ; nous cherchons à faire prendre conscience au public qu'il a le choix de son système d'exploitation, et pour cela, rien ne vaut un essai en Live CD.
Quelles sont vos actions en faveur d'Ubuntu en Bourgogne ?
Notre association a créée en 2008 le salon Libr'Expos, dédié aux logiciels libres sous Ubuntu et destiné à promouvoir cette distribution auprès du grand public. Depuis, nous organisons une fois par mois une Soirée du Libre dans un bar dijonnais et tenons une permanence associative une fois par mois à la médiathèque Champollion. Nous participons également à d'autres évènements locaux, comme le Grand Déj' et organisons ponctuellement des install party.
Un avis sur Hadopi et autres textes votés/en préparation sur l'Internet ?
On peut toujours tenter de sauver un système de rétribution obsolète, mais la technologie étant là, il sera difficile de la stopper, sauf à interdire l'Internet complètement. Une certaine hypocrisie se cache derrière ces textes, car si la cause est noble (je pense à la Loppsi), les moyens apparaissent disproportionnés et éventuellement liberticides dès lors qu'un gouvernement mal attentionné serait au pouvoir.
17:04 Ecrit par sebastien.pereira dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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